COVID-19, e-pub et précommandes via le site du Ver à soie

Chèr(e)s collègues et ami(e)s,

Comme de nombreux éditeurs indépendants, Le Ver à soie a vécu les débuts du confinement au rythme des annulations. Le programme d'expositions et de salons de printemps que j'avais concocté s'est littéralement effondré jusqu'en juin inclus. Comme je consacre généralement les mois de janvier et de février - qui ne sont pas les plus propices au commerce en plein vent -, à fabriquer les nouveautés de l'année, j'ai donc d'abord dû me faire à l'idée que j'allais perdre 6 mois de chiffre d'affaire. Ce n'est pas qu'il est énorme, mais il suffit toutefois à payer les fournisseurs, les auteurs et le cas échéant, à me faire vivre.

Je ne suis bien évidemment pas la seule à m'être réveillée le 16 mars dernier sans plus aucune source de revenus. Je pense que nous ne comprenons pas encore l'ampleur de la catastrophe en cours pour tous les producteurs qui, quel que soit le secteur, sont actuellement invités à continuer à produire sans avoir l'autorisation de vendre ce qu'ils produisent. La colère et la tristesse sont d'autant plus importantes que nous avons très tôt compris que nous ne serions pas tous logés à la même enseigne : Amazon et les grandes surfaces ont obtenu le droit exclusif de nous contaminer en n'étant pas assujéttis aux mêmes règles d'hygiène et de confinement que les autres.

Le Syndicat National de la Libraire a réagi dès le 18 mars dans un communiqué pour dénoncer l'hérésie sanitaire que représentait la poursuite des livraisons et des ventes de livres dans ces circuits. Des éditeurs adhérents à L'Association des éditeurs indépendants L'Autre livre ont par ailleurs signé la tribune de Ludivine Bantigny parue le 23 mars dans Libération pour dénoncer cette conception de l'hygiène à double vitesse et "cette concurrence monstrueuse qui cotoie l'indignité".

Trop peu de discours distinguent toutefois clairement les éditeurs et les libraires indépendants de ceux qui participent de la grande distribution et qui ont actuellement leurs titres dans les hangars d'Amazon et en têtes de gondoles dans les supermarchés. Il n'est pas facile de se mettre en règle avec la colère de voir que certains prospèrent sur la catastrophe en se dédouanant de suivre les règles d'intérêt public que tous les autres tentent d'appliquer justement pour la juguler.

Face à cette situation, vous avez été nombreux à proposer de lancer une sorte de principe de souscription en précommandant des titres du Ver à soie en ligne – nouveautés comprises -, dans l'attente que je puisse vous les expédier ultérieurement par voie postale. C’est une bonne idée qui pourrait permettre également à termes de structurer un véritable groupe d'amis du Ver à soie.

Depuis, je me suis remise au travail sur des chantiers que j'avais jusqu'alors abandonnés, comme l'intégration de l’objet livre numérique au format e-pub standard sur le site Internet de la maison. J'ai donc recommencé à numériser les titres au catalogue, nouveautés comprises. Depuis hier, chaque fiche livre du site liste les versions disponibles - papier et/ou e-pub -, en vous indiquant les liens à suivre pour les commander ou les pré-commander. Ces fiches seront régulièrement actualisées en fonction des nouveaux e-pub que je parviendrai à fabriquer. Notez bien que les e-pub ici produits ne sont pas compatibles avec les liseuses Kindle ou Kobo. Il s'agit bien d'e-pub standards.

- Lorsqu'un e-pub existe, je l'enverrai automatiquement et gratuitement par mail pour toute commande du titre papier correspondant, dans l’attente de pouvoir vous expédier ce dernier par voie postale.

- Les e-pub peuvent bien évidemment être commandés et téléchargés séparément au fur et à mesure de leur réalisation en suivant les liens dans les rubriques e-pub du site.

Forte de ce dispositif, je décide donc ne pas reculer plus longtemps l’intégration des nouveautés dans la boutique en ligne du Ver à soie.

Ce qui recule, ce n’est donc que la possibilité de nous réunir pour échanger de vive voix à leur sujet lorsque ce sera possible. Dans l’attente d’avoir ce plaisir au détour d’un salon, d’une exposition ou d’une table en plein air ou en librairie, je suis en train de réfléchir à la manière d’utiliser la modernité pour vous parler de ces titres, vous expliquer pourquoi j’ai tenu à les éditer, ce qui m’a touché dans ces textes, mais chaque chose en son temps, car le confinement n’est pas encore terminé.

Je remercie par avance toutes celles et ceux qui m’aideront à faire vivre ce dispositif numérique et à faire face à cette crise en en faisant la publicité dans leurs réseaux.

Dans l'attente d'avoir le plaisir de vous retrouver, prenez soin de vous !

Bien éditorialement vôtre,
Virginie

Février 2020 au Ver à soie

L'activité du Ver à soie a repris. Au cours du premier trimestre de l'année, elle consiste essentiellement à fabriquer de nouveaux ouvrages. Vous trouverez néanmoins dans cette fenêtre la liste des lieux dans lesquels Le Ver à soie expose tout au long de l'année les titres à son catalogue :

 

 

> Le samedi 8 et le dimanche 9 février 2020, Le Ver à soie expose aux 11e Journées européennes du livre russe et des littératures russophones qui se dérouleront à la Mairie du Ve arrondissement de Paris, 21 place du Panthéon.
> Le samedi 15 février, Le Ver à soie expose au 4e Salon des littératures de l’exil et de la migration. Cette année, le salon est organisé à l’occasion de la manifestation « Inscriptions en relation — des traces coloniales aux expressions plurielles », un projet imaginé par Ruedi et Vera Baur et porté par l'association Civic City. Il se déroule de 10 heures à 18 heures au Palais de la Porte Dorée, 293 avenue Daumesnil dans le 12e arrondissement de Paris.

Vous pouvez par ailleurs suivre toute l'actualité du Ver à soie sur https://www.facebook.com/virginie.symaniec

Au programme de l'été 2019 du Ver à soie

Comme tous les ans, la petite librairie éphémère du Ver à soie fait sa tournée dans les Landes en Région Aquitaine et vous retrouve sur les marchés :

- les matins à Léon, sauf les jeudis et les dimanches ;
- les dimanches matin à Contis ;
- les mardis soir à Vielle Saint-Girons ;
- les mercredis soir à Biarritz (toujours place A 38 devant la halle) ;
- les vendredis soir à Moliets.

En bonus, en nocturnes :

- le jeudi 18 juillet à Messanges ;
- le jeudi 22 août à Messanges

Pour suivre toute l'actualité estivale du Ver à soie, rendez-vous sur https://www.facebook.com/virginie.symaniec

Vient de paraître : Awa de Juliette Keating

Disponible à partir du 23 avril 2019

ISBN : 979-10-92364-37-8
Genre : roman
Format : 140 x 200
Nombre de pages : 146
Prix public : 18 euros.

RÉSUMÉ

Dans une rue en chantier aux trottoirs défoncés vit nue, été comme hiver, Éva, Ève ou Awa, la jeune fille noire vagabonde, nue et pure face à un monde caniculaire basculant dans la révolte et le chaos. La brisera-t-il ? L'amour sera-t-il toujours une issue, un ancrage ?

« Awa ne savait pourquoi sa mémoire se heurtait implacablement aux portes battantes d’une cabine téléphonique qui n’existait plus, et ne voulait pas la conduire au-delà, comme si les lieux les plus éloignés de son enfance lui étaient formellement interdits. Interdit aussi le prénom que sa mère lui avait donné : comment avait-elle pu l’oublier ? Elle se sentait coupable. Peut-on se nommer soi-même ? Elle s’était souvent interrogée sans trouver de réponse susceptible d’apaiser ni sa peine, ni sa conscience, butant sur la double énigme de son nom et de sa date de naissance. Il lui fallait accepter l’éternel exil de la douceur maternelle, bercer la douleur de l’absence jusqu’à ce que, définitivement, elle s’endormît. Mais elle devait regarder devant elle, se dit Awa, résolue. Comme sur ce vélo qu’une fillette lui avait prêté dans le bois, demeurer toujours en mouvement pour maintenir l’équilibre : le dos droit, les yeux dirigés vers l’avenir. Pour Thomas qui l’avait élevée, pour sa mère à qui elle devait la vie, pour la vieille qui l’aimait avec les yeux, elle se promit de ne plus se laisser aller, elle se jura de vivre, de devenir femme. Elle était pleinement Awa, dressée, verticale, à la face du monde. »

L’AUTRICE

Juliette Keating a peu voyagé. Née dans la région parisienne qu’elle n’a jamais quittée, ses périples sont imaginaires, son exil est intérieur et littéraire. D’abord satiriste, dézinguant la bêtise avec humour, elle écrit régulièrement pour le magazine Zélium. Depuis 2011, elle publie des billets de littérature politique, des chroniques, des nouvelles et de la poésie sur son blog hébergé par Mediapart. Elle collabore au magazine culturel en ligne Délibéré. Un roman pour adolescent, Demain j’ai 15 ans vient de paraître aux éditions Magnard jeunesse. Engagée dans le combat contre les racismes, rêvant l’abolition des frontières et la disparition de toutes les armées, elle veut croire que la poésie est la plus forte et imagine des personnages en lutte avec la dureté des temps. Awa est son premier roman. Il est publié au Ver à soie, où elle a déjà fait paraître Beauté secrète dans la collection « Poèmes à planter » sur graines de mélisse et de fleurs des champs, ainsi que La Venelle, suivi de Après les pins dans la collection « Nénuphars ».

© Photo de Gilles Walusinski

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