Les EnLivrantes : un groupement d'éditrices indépendantes

Les Enlivrantes est un groupement d’éditrices indépendantes (Le Laboratoire existentiel, Éditions Signes et Balises, Éditions Le Soupirail, Le Ver à Soie, Virginie Symaniec éditrice) qui nourrissent le même désir d’arpenter les littératures française et étrangère pour mettre l’art d’éditer au service d’autrui.
Penser le livre comme un bel objet et dans la durée est au cœur de leurs convictions communes.
Croiser leurs catalogues et les partager en explorant des sentiers parfois non-battus les conduisent au plus près des lecteurs.
Le collectif propose diverses initiatives comme des ateliers, des rencontres et des lectures avec des libraires, des médiathécaires, des enseignants ou des responsables d’association, mais aussi sur les lieux publics, en appartement ou dans des jardins. Autant de rendez-vous offerts pour rendre les littératures contemporaines accessibles à tous.

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Entretien avec Geoffroy Larcher : écrire la quête du bonheur

Virginie Symaniec – Geoffroy, tu publies ton second roman au Ver à soie et j’ai pensé que ce serait une belle occasion de faire un peu le point et de te poser quelques questions pour éclairer ta démarche. En préambule, je pense qu’on peut rappeler que tu arpentes autant les plateaux de cinéma en tant que chef décorateur que le monde de l’écriture. Tu es originaire du bassin d’Arcachon où tu situes l’histoire du Roi carotte. Tu entretiens une véritable passion pour le Cap-Vert où tu situes l’intrigue de Mindel’Saudade.

À l’époque,
Mindel m’avait intéressé, car au-delà du genre de la tragi-comédie auquel il semble appartenir, l’un de tes personnages, César Lima, revient finir sa vie au Cap-Vert après s’être enrichi ailleurs, mais son passé lui colle à la peau. Tu aurais pu écrire une tragédie, mais tu décides au contraire de traiter de manière parfois totalement loufoque –, la question si épineuse du retour et du post-exil.

Dans
Le Roi carotte, qui fait partie actuellement des nouveautés de la maison, ce sont plutôt les questions du vagabondage et de la « sortie de route » que tu sembles évoquer, mais toujours sur fond d'une très forte histoire d'amitié. Dans ce texte qui est en fait ton premier roman, tu pars de l’expression locale « être roi carotte », qui désigne celui qui accède au bonheur en se contentant de ce qu’il a, pour organiser l'action. Mais commençons par le début ! Comment t’est venue l’idée du premier livre que tu as publié au Ver à soie en 2017, Mindel’Saudade ?


Geoffroy Larcher – En faisant du stop sur une route déserte au Cap-Vert. Un corbillard brinquebalant s’est arrêté pour me prendre. Le croquemort était un jeune en jean pouilleux. Plus loin, il a chargé un paysan et sa chèvre, puis une dame qui partait faire son marché à Mindelo : le personnage d’Isolino, qui est le personnage principal de Mindel’Saudade, venait de naître. Qu’il soit un fervent catholique, que son corbillard soit d’un Kitch absolu, rose, avec des vierges clignotantes, ou qu’il emmène une pute au travail sont, bien sûr, de pures inventions.

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Mindel'Saudade de Geoffroy Larcher : l'e-pub

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Entretien avec Geoffroy Larcher

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Je roule sous la lune sur les pavés asymétriques. Les arbres rassis qui bordent la route ont pour seule végétation des sacs en plastique prisonniers dans leurs branches. Ils ondulent dans la brise comme de petits fantômes qui iraient danser au bal du samedi soir. Voilà un petit peu du Cap-Vert.

Mindel’Saudade est un conte humoristique aux personnages atypiques : autour d’Isolino, 33 ans, seul croquemort de l’île de Sao Vicente, il y a le père Manuel, prêtre pervers, qui, bien que mort ne peut se taire. Il y a aussi un drôle d’oiseau, mi aristo mi clodo, qui lui offrira ce dont il n’osait plus rêver. Et il y a enfin Lila, qu’il a connue à l’orphelinat, devenue une prostituée qui s’assume :

« Bon… écoute, si tu veux être riche, Isolino, suffit qu’on s’associe tous les deux. Je parle pas de copuler et de faire une ribambelle de gniards, non. Mais peins ton corbillard en rose, gare-le avec moi dedans à côté du cercle nautique, et tu verras qu’en une nuit, je me ferai ce que tu te fais en un mois. Toi, t’auras qu’à t’occuper de la communication de l’aéroport aux hôtels et on partagera fifty-fifty ! »

Baigné par de singulières télé-novelas, Mindel’Saudade, parle de l’âme du Cap Vert, de ses mornas, de ses saveurs et parfums, mais aussi de son ancienne ville coloniale, et des capverdiens surtout, peuple fier à la timidité insulaire pleine de malice.

Le Roi carotte de Geoffroy Larcher

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Le Roi carotte de Geoffroy Larcher

Collection 200 000 signes
Genre : roman
Format : 14 x 20 cm
ISBN : 979-10-92364-40-8
Disponible depuis le 20 mars 2020
e-ISBN : 979-10-92364-11-8
Disponible depuis le 20 mars 2020

Prix du livre : 18 euros

Prix de l'e-pub : 12 euros

Par un beau matin des années 1990, le faux journaliste Nicolas Wurtz, après avoir assisté à un meurtre déguisé en suicide, décide de rompre les amarres qui le relient à la triste société des cocktails parisiens. Il enfourche sa mobylette pour entreprendre un voyage au bout du bout des bords de l’Atlantique, où éternel témoin de la rapacité de ceux qui l’entourent et spectateur de sa propre infortune, il aspire à devenir un roi carotte, jusqu'au jour où il en rencontre un vrai :

« Savez-vous ce qu’est un roi carotte ? Il s’agit d’une appellation locale. Le roi carotte est celui qui se contente de ce qu’il a. Il sait exactement ce dont il a besoin, refuse le superflu ou ce qui est hors de sa portée. Il est en accord avec l’univers et les rythmes de la vie. Il aime la solitude et, par-dessus tout, la tranquillité. Il cultive une passivité intense et une paralysie exubérante. Aucun geste inutile. Un maximum d’efficacité pour le minimum d’efforts.

Je crois qu’il est beaucoup plus difficile et courageux de renoncer au système que d’y participer. En ce qui me concerne, laissez-moi vous dire que je n’ai pas la présomption de me croire indispensable à la société. Cela ne veut pas dire que je veux m’en exclure totalement. Je ne veux jouer aucun rôle défini en ce bas monde. C’est une volonté de ma part...

... Pour devenir un Roi carotte, il faut se libérer de soi, entretenir de bonnes relations avec son inconscient et avec le monde extérieur. Il faut se laisser porter comme une algue au gré du courant. Tout doit glisser. Il faut devenir cette algue à la dérive et accepter de s’échouer sur des rivages qu’on n’a pas choisis ».

Geoffroy Larcher, qui a été tour à tour réalisateur, décorateur de films et scénariste, a pour passion les voyages et l’écriture. Auteur de scénarios, il publie aussi dans les revues Schnock et Bouts du monde. Au Ver à soie, il a déjà publié le roman Mindel’Saudade qui nous emmenait au Cap-vert sur l'île de Sao Vincente où a vécu Cesaria Evora. Le Ver à soie publie aujourd'hui la troisième édition de son premier roman, Le Roi carotte, qui se situe cette fois sur les bords de l'Atlantique, dans le bassin d’Arcachon, où l'auteur a passé son enfance. Un livre à ne pas mettre entre toutes les mains, car il est plein de mauvais conseils. Il ne faudrait pas que, à cause de lui, des cohortes de rois carottes en herbe se mettent à arpenter les routes au hasard des rencontres qu’ils feront sur leur chemin...

Geoffroy Larcher

Photo de Geoffroy LarcherGeoffroy Larcher est un décorateur de films qui écrit aussi des scénarios et, récemment dans la revue Schnock. Son premier roman, Le Roi carotte, racontait une arrière-saison de « pieds-nickelés » sur le littoral atlantique déserté après les vacances.

Mindel’Saudade est le premier roman de Geoffroy Larcher publié en 2017 dans la collection 200 000 signes du Ver à soie. Il ambitionne de plonger le lecteur dans l’âme du Cap Vert vu par un auteur qui, d’année en année, a tissé de véritables liens sur l’archipel, le sillonnant comme une seconde patrie. Ici, au Cap Vert, l’auteur – comme si cette histoire lui était imposée par les décors –, raconte entre autres comment les morts sont parfois plus vivants que les vivants eux-mêmes et comment les télé-novelas dictent leurs comportements aux femmes qui les suivent avec une assiduité religieuse. En 2020, Le Ver à soie publie la troisième édition revue et actualisée de son premier roman, Le Roi carotte. Nicolas Wurtz, qui cherche à fuir après avoir assisté à un meurtre déguisé en suicide, entame un voyage au bout du bout des bords de l’Atlantique, où éternel témoin de la rapacité de ceux qui l’entourent et spectateur de sa propre infortune, aspire à devenir un roi carotte, jusqu'au jour où il en rencontre un vrai.

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