Nouveauté : Anonyme de Luc Fivet

ISBN : 979-10-92364-30-9
Genre : roman
Format : 140 x 200
Nombre de pages : 160
Prix public : 18 euros
Disponible depuis le 15 mars 2018

Avec Anonyme, Luc Fivet renoue avec un de ses genres de prédilection : le roman noir. Dans ce thriller social aux accents kafkaïens, un homme ordinaire, comptable de son état, découvre un autre homme en survêtement qui patiente devant la porte de sa maison. Celui-ci lui demande un euro pour le laisser rentrer chez lui. Juste un euro. Le prenant pour un clochard, le comptable lui tend une pièce et ouvre la porte. L’autre le suit dans le vestibule. La descente aux enfers a commencé. Mené à un rythme haletant, Anonyme décrit un monde où la chute peut frapper n’importe qui, à tout moment. Elle peut être rapide, parfois cocasse, mais les règles sont claires et les rôles bien définis. Chacun joue son jeu avec les cartes dont il dispose. Mais les dettes se paient cash. La mise de départ : un euro.

"L’homme ne bougea pas d’un millimètre. Il continuait de bloquer le passage. Je le dévisageai sans un mot. Il me dit, sur le ton de l’évidence : « C’est un euro. » Je pensai avoir mal entendu.

– Je vous demande pardon ?

– Pour rentrer chez vous, c’est un euro.

Son attitude, les mains au fond des poches et les deux pieds bien campés sur le sol, témoignait d’une ferme résolution. Son visage était affable, on ne lisait aucune agressivité dans ses yeux noisette, mais il me priait de prendre acte de ce constat irréfutable : je devais m’acquitter d’un euro pour rentrer chez moi.

Je haussai les épaules : les clochards étaient chaque jour plus nombreux en cette période de crise. Je retournai mes poches et j’en extirpai un peu de monnaie. De bonne grâce, je lui tendis une pièce d’un euro. Il l’empocha et fit un pas de côté. J’introduisis ma clé dans la serrure.

– Je vous souhaite une bonne soirée.

Il ne répondit pas. Il se contenta de me suivre dans le vestibule. Je me retournai, stupéfait.

– Que faites-vous ?

– Je vous l’ai dit : je suis venu vous aider..."


Luc Fivet est né en Belgique il y a une quarantaine d’années. Après des études de sciences politiques et d’innombrables petits boulots, il a été simultanément auteur-compositeur-interprète de chansons, auteur dramatique, auteur de sketches pour la télévision et romancier. Il a publié deux thrillers aux éditions Fayard, Total Chaos (2007) et Requiem (2008). Il est aussi l’auteur d’une dizaine de thrillers autoédités. Marche ou rêve, un récit très contemporain qui oscille entre roman initiatique et humour noir, a été son premier roman publié aux éditions Le Ver à Soie.

Nouveauté : Le Petit Bala. La légende de la solitude de Ridvan Dibra

Le Petit Bala. La Légende de la solitude de Ridvan Dibra
Texte traduit de l'albanais par Evelyne Noygues,
avec l'aide du ministère de la Culture de la République d'Albanie
et le soutien du Centre National du livre
Collection : 100 000 signes
Prix : 15 euros
ISBN : 979-10-92364-29-3
Disponible le 26 février 2018

Revisitant le sujet d’une ancienne chanson populaire balkanique, Ridvan Dibra nous livre ici un roman psychologique sur l’exclusion, la solitude et la vengeance aux accents parfois œdipiens. Dans un style épuré et très oral, il plonge le lecteur dans les pensées et la psychologie tourmentées du jeune Bala qui, depuis la mort inexpliquée et brutale de son père, semble s’être définitivement isolé d’un entourage non moins hostile. Convaincu qu’il s’agit d’un meurtre et qu’il ne connaît que trop bien l’identité de l’assassin de son père, le petit Bala consacre son temps à fantasmer sa vengeance :

« Comment viser quand il faut fermer un œil et non les deux ?

Comment viser la gorge ou le cœur où planter le canif pointu ?

Comment trouver sa bouche pour l’étouffer avec une serviette ou un coussin ?

Comment reconnaître les poisons à verser dans son vin ?

Pour la première fois dans sa vie, peut-être, Bala commence à apprécier d’avoir du temps. Ce temps qui coule quelque part, à l’extérieur de lui. Comme le Ruisseau blanc. Sans s’arrêter un seul instant. Sans s’arrêter ni revenir sur ses pas. Jusqu’à hier encore, il ne s’en souciait pas. Ou s’il s’en était souvenu, c’était exceptionnel. Tout comme pour ce qui lui est extérieur. Tandis que maintenant il doit agir. Il doit se dépêcher. Se dépêcher tant qu’il a encore un œil qui voit. Même s’il ne lui en reste qu’un. Demain, il sera peut-être trop tard. »

Ridvan Dibra est un romancier et poète albanais, né en 1959, qui enseigne la littérature albanaise à l’Université de Shkodra. L’importance et la reconnaissance de son œuvre en font l’un des écrivains majeurs d'Albanie. Auteur de plus de vingt livres en prose et de poésie, il a écrit plusieurs essais et mené des études littéraires. Son roman Le Petit Bala, La Légende de la solitude a reçu le prix Rexhai Surroi du meilleur roman de l’année 2012 en Albanie.

Nouveauté : Un jour j'ai dû marcher dans l'herbe tendre de Carolina Schutti

Carolina Schutti
Un jour j'ai dû marcher dans l'herbe tendre
Traduit de l'allemand (Autriche) par Jacques Duvernet
Prix de littérature de l'Union européenne 2015
Prix : 15 euros
ISBN : 979-10-92364-28-6
Disponible le 9 février 2018

Un village dans l'ombre et une tante qui ne parle pas du passé: c'est dans ce monde que, du jour au lendemain, Maïa se retrouve plongée. Avec la mort prématurée de sa mère biélorussienne, c'est aussi sa langue qui se perd. Maïa ne comprend pas la tante qui désormais s'occupe d'elle. Dans la maison isolée, il n'y a pas beaucoup de distractions pour cette petite fille introvertie. Marek, un ancien travailleur forcé polonais, est le seul chez qui elle trouve chaleur et affection. La musique de la langue qu'il parle réveille en elle les souvenirs de ses propres racines oubliées, de la langue perdue de sa petite enfance :

« Je ne suis pas revenue, je n’ai pas pu, on m’a donné une matriochka qui ressemble beaucoup à la vieille, à celle que ma tante peut-être avait cachée ou jetée. Je l’ai ouverte et j’ai posé toutes les poupées les unes à côté des autres. Des scènes de conte sont peintes sur leurs ventres, mais maintenant, lorsque ces histoires me reviennent en mémoire, cela me rend triste. En même temps que ma mère, j’ai perdu ma langue, les phrases pour souhaiter bonne nuit et les phrases pour consoler, ces paroles qui berçaient comme une douce vague, cette langue comme une île qui n’existait que pour nous deux et sur laquelle nous voguions à travers la ville, de la boulangerie au terrain de jeux. Un seau, une pelle, un petit pain, je ne me souviens plus avec quels mots allemands je suis arrivée chez ma tante. Et à présent : des phrases pour consoler qui viennent du dictionnaire, des phrases pour consoler enregistrées sur magnétophone, mais le bercement n’est plus là, les phrases restent oubliées. »

Carolina Schutti est née en 1976 à Innsbruck, où elle habite actuellement. Suite à plusieurs années dans l'enseignement et un doctorat sur Elias Canetti, elle a enseigné à l'Université de Florence, puis a obtenu un poste d'assistante de recherche à la maison de la littérature sur l'Inn.

Elle publie son premier roman, Wer getragen wird, braucht keine Schuhe, en 2010 et son premier recueil de nouvelles Eulen fliegen lautlos en 2015. Elle écrit également des pièces radiophoniques : Kalte Asche (ORF 2011), ...lautlos (ORF 2014) et Voices (2012, avec Ralph Schutti).

Carolina Schutti a reçu plusieurs prix pour son œuvre littéraire, dont le Prix de littérature de l'Union européenne 2015 pour son deuxième roman, Einmal muss ich über weiches Gras gelaufen sein, que publie Le Ver à soie.

Avec le soutien du Centre National du Livre et le concours de la Région Île de France.


Petit exercice de soin littéraire : poétisez vos peines, fleurissez vos solutions

Les poèmes à planter du Ver à soie sont réalisés mains et composés d'une couverture en Rives tradition, d'une feuille de papier mûrier et de papiers de soie assortis d'une plume. Ils sont imprimés sur du papier à ensemencer fabriqué à partir de graines de coquelicots, de myosotis, de carottes, de mélisse ou de salades variées et fourni par Growing paper. Ils sont conçus comme de petits exercices de soins littéraires à offrir ou à s'offrir pour poétiser ses peines, les planter et regarder fleurir ses solutions.

Mode d'emploi :

1/ Apprenez par coeur votre poème
2/ Posez-le sur de la terre ou dans un pot
3/ Recouvrez-le d'une fine couche de terre
4/ Arrosez tous les jours en récitant
5/ Des pousses de mots apparaissent
6/ Vos maux se muent en fleurs.

Pour acheter en ligne, en composant vous mêmes vos propres combinaisons de graines associées à un texte spécifique, suivez ce lien.

Vient de paraître : Mindel'Saudade de Geoffroy Larcher

Première de couverture de Mindel'Saudade de Geoffroy LarcherISBN : 979-10-92364-26-2
Genre : roman
Format : 140 x 200
Nombre de pages : 138
Prix public : 18 euros
Disponible depuis le 31 mars 2017

Je roule sous la lune sur les pavés asymétriques. Les arbres rassis qui bordent la route ont pour seule végétation des sacs en plastique prisonniers dans leurs branches. Ils ondulent dans la brise comme de petits fantômes qui iraient danser au bal du samedi soir. Voilà un petit peu du Cap-Vert.

Mindel’Saudade est un conte humoristique aux personnages atypiques : autour d’Isolino, 33 ans, seul croquemort de l’île de Sao Vicente, il y a le père Manuel, prêtre pervers, qui, bien que mort ne peut se taire. Il y a aussi un drôle d’oiseau, mi aristo mi clodo, qui lui offrira ce dont il n’osait plus rêver. Et il y a enfin Lila, qu’il a connue à l’orphelinat, devenue une prostituée qui s’assume :

« Bon… écoute, si tu veux être riche, Isolino, suffit qu’on s’associe tous les deux. Je parle pas de copuler et de faire une ribambelle de gniards, non. Mais peins ton corbillard en rose, gare-le avec moi dedans à côté du cercle nautique, et tu verras qu’en une nuit, je me ferai ce que tu te fais en un mois. Toi, t’auras qu’à t’occuper de la communication de l’aéroport aux hôtels et on partagera fifty-fifty ! »

Baigné par de singulières télé-novelas, Mindel’Saudade, parle de l’âme du Cap Vert, de ses mornas, de ses saveurs et parfums, mais aussi de son ancienne ville coloniale, et des capverdiens surtout, peuple fier à la timidité insulaire pleine de malice.



Photo de Geoffroy LarcherGeoffroy Larcher est un décorateur de films qui écrit aussi des scénarios et, récemment dans la revue Schnock. Son précédent roman, Le Roi-Carotte, plusieurs fois réédité, racontait une arrière-saison de « pieds-nickelés » sur le littoral atlantique déserté après les vacances. Ici, au Cap Vert, l’auteur – comme si cette histoire lui était imposée par les décors –, raconte entre autres comment les morts sont parfois plus vivants que les vivants eux-mêmes et comment les télé-novelas dictent leur comportement aux femmes qui les suivent avec une assiduité religieuse. Mindel’Saudade ambitionne de plonger le lecteur dans l’âme du Cap Vert vu par un auteur qui, d’année en année, a tissé de véritables liens sur l’archipel, le sillonnant comme une seconde patrie.

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