Nouvelle parution : Une île en hiver de Sonia Ristic

COUV UneIle 2Une île en hiver de Sonia Ristic
Format : 12 x 18,5
ISBN : 979-10-92364-23-1
Disponible le 29 novembre 2016
Prix : 18 euros

« En montant sur ce bateau, je ne savais encore rien. Je ne pouvais m’imaginer qu’embarquer sur le Marco Polo, c’était traverser le miroir. Je suis monté à bord du Marco Polo et je me suis cogné aux regards des passagers. Personne ne parlait. Dans la cabine, ils étaient tous assis, alignés, silencieux, étonnamment paisibles. Et ils me regardaient.

Dans leurs yeux, il n’y avait pas d’animosité. Aucune curiosité non plus. Rien. Et pourtant, ils me regardaient, tous.

Lorsque j’ai salué d’un signe de tête, les têtes se sont inclinées en cadence pour me répondre. J’ai cherché un regard pour y prendre appui, mais dans tous les yeux il y avait la même chose. De la bienveillance, un peu d’amusement et des tonnes de mémoire. Une infinité d’images dans ces regards, tellement qu’il n’y avait plus de place pour les mots. Et puis, c’était comme s’ils savaient quelque chose dont je ne pouvais pas me douter, comme s’ils partageaient un secret que je ne pourrais jamais percer.

Je me suis senti mal à l’aise et j’ai baissé les yeux.
Je me suis tourné vers le hublot, à la recherche de la silhouette de la ville, de ses tours d’acier, de béton et de verre, d’une vue familière, mais le continent n’y était plus. Nous n’avions levé l’ancre que depuis quelques instants, mais déjà le continent avait disparu ».

Sonia Ristic, autrice de Une île en hiverNée en 1972 à Belgrade, Sonia Ristic a grandi entre l'ex-Yougoslavie et l'Afrique. Elle vit à Paris depuis 1991. Après des études de Lettres et de Théâtre, elle travaille comme comédienne, assistante à la mise en scène, mais aussi avec des ONG importantes (France Libertés, FIDH, CCFD) autour des guerres en ex-Yougoslavie et de la défense des Droits de l’Homme. Dans les années 2000, elle fait partie du collectif du Théâtre de Verre, et crée sa compagnie, Seulement pour les fous. Elle encadre régulièrement des ateliers d’écriture et de jeu en France et à l’étranger. La plupart de ses textes ont été publiés, créés ou mis en ondes. Elle a notamment bénéficié de bourses du CNL (2005, 2008 et 2014), de la DMDTS (2006), du CNT (2007), de Beaumarchais/SACD (2008), de la région Île de France (2010 et 2011), du Conseil Général du 93 (2013), et a été plusieurs fois primée pour ses textes.

Lancement de la collection Le Russe cosmopolite

Avec le soutien de l'Institut de la traduction de Moscou


Couteau tranchant pour un coeur tendre de Maria Rybakova

Roman tango sur l'amour passion et la jalousie meurtrière, traduit du russe par Galia Ackerman avec le soutien de l'Institut de la traduction de Moscou.

Format : 14 x 20
ISBN : 979-10-92364-21-7
Prix : 18 euros
Disponible depuis le 28 janvier 2016

Cette histoire parle d’un fleuve, d’une femme tombée amoureuse de ce fleuve, et de leur fils devenu voleur avant de connaître une triste fin. Si on les juge, que diront-ils pour se justifier ? La femme balbutiera : j’ai aimé. Son fils dira : j’ai eu foi. Les eaux du fleuve garderont le silence, mais la loi n’a pas de prise sur elles. À la fin, le voleur voudra écouter le tic-tac d’une montre. La femme demandera la clémence pour son mari, mais oubliera complètement son fils. Le fleuve continuera de couler et pleurera ceux qui sombrèrent dans ses eaux. Ayant pleuré tout son soûl, il se desséchera et s’enlisera dans le sable, et les hommes marcheront dans son lit aride. Je crois aux mots, comme un voyageur fait confiance au fleuve quand il s’y engage en barque. Les mots me portent, et la forêt de la vie des autres se dresse des deux côtés. Où accosterai-je ? Où est celui qui me murmurait des mots d’amour la nuit ? Je ne me souviens ni de son nom ni de la ville où cela s’est passé. En se retournant, le voyageur remarque qu’il ne reconnaît plus le chemin qu’il a parcouru.

Maria Rybakova est née et a grandi à Moscou, lorsque la Russie faisait encore partie de l'Union soviétique. En 1994, à l'âge de vingt ans, elle s'installe à Berlin, où elle poursuit ses études de philologie classique. Sa vie en Allemagne inspire son premier livre, le roman épistolaire Anna Grom et son fantôme (1999). Tout en continuant à écrire ses œuvres de prose en russe, elle a ensuite vécu une vie d'enseignante itinérante aux États-Unis, en Chine et en Thaïlande, avant de s'installer à San Diego. En 2011, elle publie un roman en vers, Gnedich, une composition unique qui a obtenu des prix littéraires à la fois dans la catégorie « prose » et dans la catégorie « poésie ». En France, elle se fait connaître par la publication, aux éditions du Seuil, de la Confrérie des perdants (2006), traduit par Galia Ackerman. Son roman Couteau tranchant pour un cœur tendre, a été nominé en 2012 pour le prix international Jan Michalski.

La nouvelle collection 200 000 signes avec Marche ou rêve de Luc Fivet

Marche ou rêve de Luc Fivet
Format : 12 x 18,5
ISBN : 979-10-92364-18-7
Disponible le 15 octobre 2015
Prix : 18 euros

« Marche ou rêve raconte l’odyssée de deux Sénégalais sans-papiers en France, le pays des droits de l’homme – blanc de préférence. C’est un roman sur la quête de la liberté, mais aussi sur la difficulté de conserver sa dignité à partir du moment où on est considéré comme un citoyen de seconde zone. Ce récit mêle à la fois l’humour, qui est omniprésent dans le style plutôt original du narrateur, et la noirceur car la réalité n’est jamais drôle pour des hommes perpétuellement en fuite. Toutes les anecdotes racontées sont malheureusement authentiques » (Voir aussi notre entretien avec Luc Fivet).

Extrait de l'épilogue :

« Alors, je me suis lancé. En bon nègre, j’ai noirci des pages. C’était difficile au début, j’écrivais lentement en soignant le tracé de mes caractères. J’osais à peine composer une phrase entière de peur de quitter la marge. C’était mon domaine réservé depuis deux ans, la marge, ça crée des réflexes. Puis j’ai vu les mots s’aligner les uns derrière les autres, passer à la ligne et s’étirer de nouveau, le mouvement était doux et léger comme le fil d’une canne à pêche qui suit le courant et repart en amont une fois sa course achevée. Les souvenirs ont surgi à la surface avec les sensations, les idées et les images, et tout s’est enchaîné, j’ai commencé à écrire à n’importe quelle heure du jour et de la nuit, j’ai revécu la traversée de l’océan et l’arrivée sur les Champs-Élysées et le travail sur les tours de la Défense et l’amour de Lucie et l’enfer du centre de rétention et la séance au Parlement et puis l’incroyable enthousiasme des foules pendant que Boubacar reprenait vie sous ma plume en même temps que ses éclats de rire et de colère, jusqu’à l’explosion finale ».


Luc Fivet est né en Belgique il y a une quarantaine d’années. Après des études de sciences politiques et d’innombrables petits boulots, il a été simultanément auteur-compositeur-interprète de chansons, auteur dramatique, auteur de sketches pour la télévision et romancier. Il a publié deux thrillers aux éditions Fayard, Total Chaos (2007) et Requiem (2008). Il est aussi l’auteur d’une dizaine de thrillers autoédités. Marche ou rêve, un récit très contemporain qui oscille entre roman initiatique et humour noir, est son premier roman aux éditions du Ver à Soie.

Pour acheter ce livre via le site du Ver à soie, cliquez ici pour vous laisser diriger vers la boutique de l'association L'Autre livre

Vient de paraître : Fjall, aux confins du monde de Tristan Soler

Fjall, aux confins du monde,
de et illustré par Tristan Soler
Format : 12 x 18,5
ISBN : 979-10-92364-17-0
Prix : 16 euros
Disponible le 15 octobre 2015

Qui est-il, Fjall, cet homme errant sur la toundra arctique hantée par les bêtes ? Ayant dû fuir - mais quoi ? - il s’est adapté en ermite polaire au monde sauvage. Il s’est chamanisé, joue avec les esprits animaux, danse sur la glace, invoque les chants qui apaisent, trace les graffitis magiques dans la neige. Est-il un rescapé des massacres, ou le songe des adolescents chercheurs d’art pour s’inventer, contre le présent technologique, les nuits blanches du septentrion comme utopie ? Un inquiétant et débonnaire double lointain ? Ou bien ce qu’il reste en nous de la violence des hordes, des métamorphoses de nos mémoires ? « Fjall, c’est le nom de l’homme. Il laisse la chouette s’abriter sur la poutre. Il lui raconte toutes sortes de choses, les mots qu’il n’a jamais accepté de prononcer pour aucun humain. D’ailleurs il s’agit, dans ces discours, de la méchanceté des hommes, de leur bêtise à comprendre ce que lui, Fjall, et désormais la chouette, savent sur la nature de l’existence ».

Tristan Soler
est artiste et voyageur, il vit à Paris et en Bourgogne.

« Je suis né en 1967, au mois d’octobre, la saison des kakis. L’enfance dans les cerisiers d’Ardèche m’a porté vers le monde sauvage. Longtemps je voulus être ornithologue, et j’ai dessiné à la plume bien des oiseaux dans les marges de mes cahiers de cours. J’ai suivi leurs migrations sur des cols aux noms aussi imprononçables que celui d'Organbidexka, au Pays basque. Puis, de l’aile aux pinceaux j’ai étudié l’art, et c’est la peinture qui a pris la place. Après avoir arpenté bien des toiles, qui se bonifient en Bourgogne, j’ai rencontré le théâtre, pour lequel j’ai parfois réussi à mémoriser quelques tirades. Mais on y transpire beaucoup, comme les aigles je suis paresseux. Le démon du voyage, qui m’avait déjà secoué à la rencontre des espèces, m’est tombé dessus un peu plus. J’ai été aspiré au long fil d’une cinquantaine de pays du monde, là où se rencontrent aussi les hommes. J’adore la lecture, et j’ai des difficultés à m’en détacher pour écrire moi-même quelques lignes, ce que je fais cependant le plus possible. C’est dernièrement le récit court qui s’est imposé, j’y rassemble mieux mes fautes de syntaxe. Je rêve de signer un grand roman visionnaire qui changerait la face du monde (en mieux). J’enseigne les arts plastiques à des enfants pas toujours sages. J’aime la photographie, le jazz, la viole de gambe, le Bouddhisme, mon épouse, notre descendance, la famille, le vin, le printemps et l’amitié. Je suis en définitive assez normal, et ça m’inquiète beaucoup. Je pense que c’est pour cela que j’écris. »

Voir aussi les sites :

tristansolerpaintings.com
tristansolersculptures.com

Publications chez d'autres éditeurs :

-Amorphophallus, avec Louis Soler et Sarah May, Maeght éditeur, 2001 ;
-Le voyage d’Icare Valverde, L’une & l’autre éditions, 2008 ;
-Cœur-atome, L’une & l’autre éditions, 2009 ;

Voir aussi notre entretien avec l'auteur

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Lancement de la collection 100 000 signes (20 mars 2015)

Café Hyène de Jana Beňová, prix européen de littérature 2012, traduit du slovaque par Diana Jamborova Lemay. Illustration de couverture : © Le Ver à soie, Virginie Symaniec éditrice.

Format 120 x 185 mm
ISBN : 979-10-92364-14-9
ISSN : en cours d'attribution
Prix : 15 euros
Mise à disposition du public : 20 mars 2015

Café Hyena est une mosaïque atypique d'observations, de perceptions, de réflexions et de souvenirs. Elza, son amie Rebeka et leurs deux compagnons, Ian et Elfman, se rencontrent régulièrement dans un café branché du centre-ville de Bratislava pour passer discuter, lire et boire. Dans ce café, fréquenté par les touristes et les gens aisés, on les prend pour des étudiants. Ils viennent du quartier de Petržalka, une des plus grandes cités hlm d'Europe « Où les murs jouent de la musique et parlent. Et où le temps est immatériel. Là, vous pouvez rencontrer des créatures que le monde pense disparues, éteintes. Les bonnes et mauvaises ». Pour Elza, Petržalka est l'endroit « d'où elle ne pourra jamais s'échapper », elle doit protéger la personne aimée qui s'y trouve coincée, elle doit continuer sur cette route appelée Petržalka : un voyage qui peut mener à la folie ou à la mort.

Jana Beňová (née en 1974), poète et romancière slovaque, est diplômée en dramaturgie de l'École supérieure des arts de la scène de Bratislava (1993-1998). Elle est l'auteure de trois recueils de poésie, d'un recueil de treize nouvelles Dvanásť poviedok a Ján Med (Douze nouvelles et Jean le Miel), ainsi que de deux autres romans Parker - Ľúbostný román (Parker - Un roman d'amour) et Preč! Preč! (Partir ! Partir !), dernier en date, publié en 2012. Depuis 2002, elle travaille régulièrement comme journaliste pour le quotidien slovaque SME. Le recueil de ses textes de journaliste a été publié sous le titre Jana Beňová Dnes (Jana Beňová Aujourd'hui). En 2008, elle publie Plan odprevádzania (Un plan d'accompagnement), sous-titré Café Hyena, qui remporte le Prix européen de littérature pour la Slovaquie en 2012.

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