Nouveauté : Le Petit Bala. La légende de la solitude de Ridvan Dibra

Le Petit Bala. La Légende de la solitude de Ridvan Dibra
Texte traduit de l'albanais par Evelyne Noygues

Collection : 100 000 signes
Prix : 15 euros
ISBN : 979-10-92364-29-3
Disponible le 26 février 2018

Avec l'aide du ministère de la Culture de la République d'Albanie
et avec le soutien du Centre National du Livre



Revisitant le sujet d’une ancienne chanson populaire balkanique, Ridvan Dibra nous livre ici un roman psychologique sur l’exclusion, la solitude et la vengeance aux accents parfois œdipiens. Dans un style épuré et très oral, il plonge le lecteur dans les pensées et la psychologie tourmentées du jeune Bala qui, depuis la mort inexpliquée et brutale de son père, semble s’être définitivement isolé d’un entourage non moins hostile. Convaincu qu’il s’agit d’un meurtre et qu’il ne connaît que trop bien l’identité de l’assassin de son père, le petit Bala consacre son temps à fantasmer sa vengeance :

« Comment viser quand il faut fermer un œil et non les deux ?

Comment viser la gorge ou le cœur où planter le canif pointu ?

Comment trouver sa bouche pour l’étouffer avec une serviette ou un coussin ?

Comment reconnaître les poisons à verser dans son vin ?

Pour la première fois dans sa vie, peut-être, Bala commence à apprécier d’avoir du temps. Ce temps qui coule quelque part, à l’extérieur de lui. Comme le Ruisseau blanc. Sans s’arrêter un seul instant. Sans s’arrêter ni revenir sur ses pas. Jusqu’à hier encore, il ne s’en souciait pas. Ou s’il s’en était souvenu, c’était exceptionnel. Tout comme pour ce qui lui est extérieur. Tandis que maintenant il doit agir. Il doit se dépêcher. Se dépêcher tant qu’il a encore un œil qui voit. Même s’il ne lui en reste qu’un. Demain, il sera peut-être trop tard. »

Ridvan Dibra est un romancier et poète albanais, né en 1959, qui enseigne la littérature albanaise à l’Université de Shkodra. L’importance et la reconnaissance de son œuvre en font l’un des écrivains majeurs d'Albanie. Auteur de plus de vingt livres en prose et de poésie, il a écrit plusieurs essais et mené des études littéraires. Son roman Le Petit Bala, La Légende de la solitude a reçu le prix Rexhai Surroi du meilleur roman de l’année 2012 en Albanie.

Nouveauté : Un jour j'ai dû marcher dans l'herbe tendre de Carolina Schutti

Carolina Schutti
Un jour j'ai dû marcher dans l'herbe tendre
Traduit de l'allemand (Autriche) par Jacques Duvernet
Prix de littérature de l'Union européenne 2015
Prix : 15 euros
ISBN : 979-10-92364-28-6
Disponible le 9 février 2018

Avec le soutien du Centre National du Livre et le concours de la Région Île de France


Un village dans l'ombre et une tante qui ne parle pas du passé: c'est dans ce monde que, du jour au lendemain, Maïa se retrouve plongée. Avec la mort prématurée de sa mère biélorussienne, c'est aussi sa langue qui se perd. Maïa ne comprend pas la tante qui désormais s'occupe d'elle. Dans la maison isolée, il n'y a pas beaucoup de distractions pour cette petite fille introvertie. Marek, un ancien travailleur forcé polonais, est le seul chez qui elle trouve chaleur et affection. La musique de la langue qu'il parle réveille en elle les souvenirs de ses propres racines oubliées, de la langue perdue de sa petite enfance :

« Je ne suis pas revenue, je n’ai pas pu, on m’a donné une matriochka qui ressemble beaucoup à la vieille, à celle que ma tante peut-être avait cachée ou jetée. Je l’ai ouverte et j’ai posé toutes les poupées les unes à côté des autres. Des scènes de conte sont peintes sur leurs ventres, mais maintenant, lorsque ces histoires me reviennent en mémoire, cela me rend triste. En même temps que ma mère, j’ai perdu ma langue, les phrases pour souhaiter bonne nuit et les phrases pour consoler, ces paroles qui berçaient comme une douce vague, cette langue comme une île qui n’existait que pour nous deux et sur laquelle nous voguions à travers la ville, de la boulangerie au terrain de jeux. Un seau, une pelle, un petit pain, je ne me souviens plus avec quels mots allemands je suis arrivée chez ma tante. Et à présent : des phrases pour consoler qui viennent du dictionnaire, des phrases pour consoler enregistrées sur magnétophone, mais le bercement n’est plus là, les phrases restent oubliées. »

Carolina Schutti est née en 1976 à Innsbruck, où elle habite actuellement. Suite à plusieurs années dans l'enseignement et un doctorat sur Elias Canetti, elle a enseigné à l'Université de Florence, puis a obtenu un poste d'assistante de recherche à la maison de la littérature sur l'Inn.

Elle publie son premier roman, Wer getragen wird, braucht keine Schuhe, en 2010 et son premier recueil de nouvelles Eulen fliegen lautlos en 2015. Elle écrit également des pièces radiophoniques : Kalte Asche (ORF 2011), ...lautlos (ORF 2014) et Voices (2012, avec Ralph Schutti).

Carolina Schutti a reçu plusieurs prix pour son œuvre littéraire, dont le Prix de littérature de l'Union européenne 2015 pour son deuxième roman, Einmal muss ich über weiches Gras gelaufen sein, que publie Le Ver à soie.
 

Petit exercice de soin littéraire : poétisez vos peines, fleurissez vos solutions

Les poèmes à planter du Ver à soie sont réalisés mains et composés d'une couverture en Rives tradition, d'une feuille de papier mûrier et de papiers de soie assortis d'une plume. Ils sont imprimés sur du papier à ensemencer fabriqué à partir de graines de coquelicots, de myosotis, de carottes, de mélisse ou de salades variées et fourni par Growing paper. Ils sont conçus comme de petits exercices de soins littéraires à offrir ou à s'offrir pour poétiser ses peines, les planter et regarder fleurir ses solutions.

Mode d'emploi :

1/ Apprenez par coeur votre poème
2/ Posez-le sur de la terre ou dans un pot
3/ Recouvrez-le d'une fine couche de terre
4/ Arrosez tous les jours en récitant
5/ Des pousses de mots apparaissent
6/ Vos maux se muent en fleurs.

Pour acheter en ligne, en composant vous mêmes vos propres combinaisons de graines associées à un texte spécifique, suivez ce lien.

Gertrud d'Einar Schleef, le livre-CD accompagné d'une création musicale d'Henry Fourès

Gertrud, Monologue pour chœur de femmes, traduit de l’allemand par Marie-Luce Bonfanti et Crista Mittelsteiner
accompagné de Gertrud – Bribes de mémoire, création musicale pour 6 comédiennes et instruments de Henry Fourès
Postface d’Elfriede Jelinek.
Illustration : © Adagp, Paris, 2016. Schleef Einar, Selbstildnis, Ende der 60er Jahre.
ISBN : 979-10-92364-25-5
Format : 140 x 180 mm
Nombre de pages : 86
Prix public : 20 euros
Disponible le 30 novembre 2016

Je tâtonne sur une vaste surface, mes yeux collés, pieds nus, cendre entre doigts de pieds, ma robe courte, brune, élimée, me cogne les jambes. Mon châle à poussier autour de la tête, je suis amaigrie, les seins creux, ma robe semble être une blouse brune une vague blouse brune, nouée avec une corde, la desserrer tant elle coupe profondément dans la chair, sens ma peau, sillons et côtes, frotte les yeux penchée en avant, la crasse tient bon, paupières collent, les nuages doivent être sombres, s’ils dérivent, se baisser jusqu’au sol, ma main le touche, je sens de la cendre, mais ça doit remonter à une éternité, quelque chose travaille en moi, pousse en avant, mais qui est-ce. Je frappe la poitrine et tâtonne à nouveau. Si j’avais un bâton. Des bâtiments à l’horizon. Ou une lumière. Ça brille doucement, vaguement, oui je sens déjà les rayons sur le visage. Mes cheveux sont blancs, je trébuche, la cendre est tendre. Doucement. Les nuages semblent dériver vraiment rapidement. De la fumée. Derrière du jaune, c’est le soleil. Mais pourquoi ça ne se précise pas. Pluie commence. Silence, juste un fin goutte-à-goutte, pourquoi la cendre ne se mouille pas. Ça viendrait des bâtiments, dans les étages se reflète le soleil, voilà pourquoi il ne m’atteint que de temps en temps.

Gertrud - Bribes de mémoire est une création musicale contemporaine signée Henry Fourès : une œuvre originale inspirée par ce texte et puisant dans le travail choral bilingue de six comédiennes sous la direction d'Elisabeth Gutjahr.

Présente-t-on encore Henry Fourès ? Né à Coursan (Aude/France), et après avoir étudié l'histoire de l’art à l’université Paul Valéry de Montpellier, au CNSM de Paris (harmonie, contrepoint, fugue, analyse et composition) puis à l’université de Berlin (musicologie médiévale) et à l’académie de Vienne (piano), il devient professeur responsable des musiques improvisées au conservatoire de Pantin de 1977 à 1980. Puis, il enseigne la musicologie médiévale de 1980 à 1982 à l’université de Toulouse le Mirail.

En 1982 il est nommé Inspecteur Principal de la musique à la Direction de la Musique et de la Danse du ministère Français de la Culture, puis en 1984, Inspecteur Général chargé de l’enseignement et de la formation.

En 1988, il initie au sein de ce ministère le nouveau département de la Création et des Musiques d’aujourd’hui, dont il assure la direction technique jusqu’en 1990. Directeur Artistique du studio de création La Muse en Circuit, il travaille ensuite régulièrement en Allemagne (Potsdam, Berlin, Cologne, Francfort …), où il est invité auprès de divers ensembles symphoniques et radios. L’éclectisme de sa production de compositeur et d’interprète l’a amené à collaborer avec des créateurs d’esthétiques et d’horizons très divers (musiciens, acteurs, chorégraphes, plasticiens, réalisateurs). Ses activités touchent de nombreux domaines. Il a réalisé des films pour la télévision, composé des musiques pour l’image la danse et la scène. Il est aussi l’auteur de nombreuses créations radiophoniques (France Culture) et le réalisateur de Hörspiel pour la HR et WDR. Il a écrit des œuvres symphoniques, de musique de chambre, des pièces électroniques, mixtes, des œuvres vocales mais aussi conçu et réalisé des installations interactives et d’importantes manifestations événementielles.

De 2000 à 2009, Henry Fourès est Directeur du Conservatoire National Supérieur de musique et de danse de Lyon. Aujourd’hui, à ses activités de compositeur et d’interprète s’agrège une mission d’enseignement au CNSMD de Paris. Ehrenmitglied de la Hochschule für musik und Theater de Hamburg, Henry Fourès est officier des Arts et Lettres, Chevalier du mérite et titulaire de la croix du Mérite Allemand (Verdienst kreuz).

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Ce livre est publié avec le soutien du Centre national du livre, le concours de la région Île de France, et en association avec la compagnie inExtremis.

Une première présentation de ce texte inédit a eu lieu lors d’un après-midi d’hommage à Einar Schleef sous la direction de Crista Mittelsteiner, intitulée J’étais là, mais le théâtre était parti, lors du Festival d’Avignon 2008 dans le cadre des Rencontres d’Été à la Chartreuse de Villeneuve-les-Avignon. La traduction de ce texte a également bénéficié de l’aide de Transfert Théâtral, du CnT et du CNES-Chartreuse de Villeneuve-les-Avignon.

Ce livre-CD a reçu le Label « Rue du Conservatoire », association des élèves et anciens élèves du CNSAD.

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La création musicale pour 6 comédiennes et instruments de Henry Fourès qui accompagne ce livre a fait l’objet d’une commande de Le Ver à soie, Virginie Symaniec éditrice. Elle a bénéficié des soutiens de l’Adami, de la Cité de la Voix, de Musique Française d’Aujourd’hui (MFA) et du Goethe Institut. Elle a été réalisée en coproduction avec la Compagnie inExtremis et le Gmem - Centre National de Création Musicale de Marseille.

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Tous nos remerciements vont également aux généreux donateurs qui ont soutenu la réalisation de ce projet exceptionnel.

Nouvelle parution : Une île en hiver de Sonia Ristic

COUV UneIle 2Une île en hiver de Sonia Ristic
Format : 12 x 18,5
ISBN : 979-10-92364-23-1
Disponible le 29 novembre 2016
Prix : 18 euros

« En montant sur ce bateau, je ne savais encore rien. Je ne pouvais m’imaginer qu’embarquer sur le Marco Polo, c’était traverser le miroir. Je suis monté à bord du Marco Polo et je me suis cogné aux regards des passagers. Personne ne parlait. Dans la cabine, ils étaient tous assis, alignés, silencieux, étonnamment paisibles. Et ils me regardaient.

Dans leurs yeux, il n’y avait pas d’animosité. Aucune curiosité non plus. Rien. Et pourtant, ils me regardaient, tous.

Lorsque j’ai salué d’un signe de tête, les têtes se sont inclinées en cadence pour me répondre. J’ai cherché un regard pour y prendre appui, mais dans tous les yeux il y avait la même chose. De la bienveillance, un peu d’amusement et des tonnes de mémoire. Une infinité d’images dans ces regards, tellement qu’il n’y avait plus de place pour les mots. Et puis, c’était comme s’ils savaient quelque chose dont je ne pouvais pas me douter, comme s’ils partageaient un secret que je ne pourrais jamais percer.

Je me suis senti mal à l’aise et j’ai baissé les yeux.
Je me suis tourné vers le hublot, à la recherche de la silhouette de la ville, de ses tours d’acier, de béton et de verre, d’une vue familière, mais le continent n’y était plus. Nous n’avions levé l’ancre que depuis quelques instants, mais déjà le continent avait disparu ».

Sonia Ristic, autrice de Une île en hiverNée en 1972 à Belgrade, Sonia Ristic a grandi entre l'ex-Yougoslavie et l'Afrique. Elle vit à Paris depuis 1991. Après des études de Lettres et de Théâtre, elle travaille comme comédienne, assistante à la mise en scène, mais aussi avec des ONG importantes (France Libertés, FIDH, CCFD) autour des guerres en ex-Yougoslavie et de la défense des Droits de l’Homme. Dans les années 2000, elle fait partie du collectif du Théâtre de Verre, et crée sa compagnie, Seulement pour les fous. Elle encadre régulièrement des ateliers d’écriture et de jeu en France et à l’étranger. La plupart de ses textes ont été publiés, créés ou mis en ondes. Elle a notamment bénéficié de bourses du CNL (2005, 2008 et 2014), de la DMDTS (2006), du CNT (2007), de Beaumarchais/SACD (2008), de la région Île de France (2010 et 2011), du Conseil Général du 93 (2013), et a été plusieurs fois primée pour ses textes.

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